Le 31 Décembre, nous passons la Loire par le Pont de Saint Nazaire. Traverser un pont pour passer de 2011 à 2012, c’est un joli symbole. Changer de rive, de lieu, d’environnement… et changer d’année. Poser un pied dans un nouvel endroit, le découvrir, rencontrer et aller de l’avant. Voilà, c’est ainsi que nous resentons notre dernière journée de 2011 et que nous entrons dans 2012, nos chaussures portées par la poésie… mais dans ce que nous vivons au jour le jour pendant ce tour de France avec nos sacs sur le dos, la réalité peut parfois sembler un peu moins mélodieuse…
Retour en arrière, Samedi 31 Décembre 2011.
Nous passons la Baule, ses grandes avenues, ses splendides décorations de Noël et la foule qui se presse partout dans les magasins. On se sent dépassés par tant de lumières, tant de voitures, tant de monde et de propositions de parfums, chocolats, bijoux et autres téléphones portables… le tout, concentré dans une unique rue. Depuis près de 5 mois maintenant nous parcourons la côte française, longeons des chemins sauvages, traversons des villages oubliés où nous ne croisons personne. Alors tout à coup, on se sent projetés dans un autre univers.
En milieu d’après-midi, nous arrivons à Saint Nazaire sous un ciel gris et menaçant. Voici quelques heures déjà que nous avançons dans des rues tout aussi grises et le temps ne semble pas devenir plus clément pour nous accompagner dans nos dernières foulées de 2011. Devant nous, la Loire : malheureusement, nous n’avons pas pu trouver de passeur. En ce 31 Décembre, tout le monde est bien occupé et de toute façon, la météo annonce une mer particulièrement houleuse et des rafales de vent à plus de 100 km/h alors forcément, personne ne sort en bateau ! Nous devons nous résoudre à gagner le pont de Saint Nazaire. A priori, il est accessible aux piétons mais nous avons eu deux sons de cloche différents, rien n’est sûr. Après discussion, hésitations et autres tergiversations, nous prenon notre décision : tentons le coup !
Pendant plus d’une heure, nous marchons à travers la zone industrielle portuaire de Saint Nazaire, longeant d’énormes blockhaus où sont construits des sous-marins et d’immenses cargos. Nous nous retrouvons vite dans un « no man’s land », au milieu d’entrepôts désaffectés, abandonnés. Difficile d’imaginer qu’il y a quelques années, cette zone regorgeait d’activité…
Enfin, le pont nous apparaît, dans la brume et le ciel humide. Il se remet à pleuvoir, la lumière baisse, il va faire nuit dans peu de temps. Vite, pressons le pas…
Arrivés à l’entrée du pont, nous stoppons net. Le pont de Saint Nazaire est en fait une deux fois deux voies où les voitures passent en trombe sur la chaussée mouillée ! Il y a bien un passage pour piétons mais il est très étroit, juste la place de passer en file indienne On se regarde… On hésite, on recule… Est-ce vraiment une si bonne idée ? De toute façon, c’est difficile de faire demi-tour, il faut retraverser toute la zone. Allez, on se lance. Les voitures nous frôlent à 80 km/h, la pluie nous fouette le visage, la visibilité est réduite… et le vent souffle tellement fort qu’on s’accroche à la rembarde pour ne pas être déportés. Pendant 6 km, on avance, tête baissée, en faisant abstraction de tout… la pluie, le vent, les voitures, le froid. On se crée une bulle, un monde à soi, on fait le vide et on avance. Chaque mètre est un mètre gagné, chaque pas nous rapproche de l’autre rive. Au milieu du pont, pluie et vent se calment quelques instants, comme pour nous laisser le temps d’admirer les éclairages de la ville la nuit. Une fois parvenus de l’autre côté du pont, sonnés, trempés, Laurent et moi ne pouvons nous retenir de tomber dans les bras l’un de l’autre… Le pont est franchi et nous entrons, ensemble, à bras ouverts dans 2012 !
Nous vous souhaitons une excellente année 2012, pleine de voyages et de rencontres !!
Source : Laurent Granier et Aurélie Derreumaux
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire
Toute l'équipe vous remercie pour vos commentaires!