Un nouveau palais à Marrakech


Le Palais Namaskar ouvre ses portes le 6 avril 2012 à Marrakech. 


Voilà une adresse qui va compter ! Un luxueux refuge de 50 000 mètres carrés, de jardins aux senteurs et décors Balinais… au cœur du Maroc !


Imaginez donc : 41 suites, villas et palaces, spa, 1.5 hectares de plans d’eau, piscines privées, jacuzzis, bassins et lacs, dans un décor inspiré de l’architecture Feng Shui, agrémenté  de subtiles touches subtiles d’art mauresque et andalou.



Sis entre les montagnes de l’Atlas et les collines de Djebilet, le Palais Namaskar, qui ouvre ses portes le 6 avril 2012 à Marrakech, est le nouveau joyau Oetker Collection, imaginé par l’architecte Franco-Algérien Imaad Rahmouni, ancien associé de Philippe Starck.


Le restaurant Le Namaskar, le salon de thé Espace T, et le « No Mad Bar » situé sur le toit de l’hôtel, devraient satisfaire les envies des gastronomes, celles des amateurs de thé comme les désirs d’évasion de ceux qui préfèrent déguster un verre le soir, avec vue sur l’Atlas et la collines de Djebilet.



Le Palais Namaskar offrira à ses invités des transferts en jet privé de l’aéroport de Casablanca à l’hôtel en seulement une demi-heure, ainsi que des transferts en voiture privée pour des déplacements au coeur du Maroc.



Verdict le 06 avril. Nous vous en reparlerons !

PRATIQUE
Les prix débutent à €390 sur la base de 2 personnes dans une chambre supérieure petit déjeuner inclus. Pour en savoir plus : www.palaisnamaskar.com

Sans Oublier : 


  Source : Gautier BATTISTELLA

Tour de France à pied :Du 4 au 9 Février 2012 De Montalivet à Biscarrosse 2588 km


 


 
Depuis fin janvier, une extraordinaire vague de froid s’est abattue sur l’Europe, faisant descendre les températures au plus bas… et bien évidemment, nous ne sommes pas épargnés ! Jusqu’à –5°C sur le littoral, les rivières gelées, les bateaux pris dans les glaces et un effet vent qui vient augmenter cette sensation de froid polaire… Dur d’avancer dans ces conditions ! Nous mettons alors en place ce que nous appelons communément la « technique de l’oignon », à savoir : collant, sous-pull, pull, veste polaire, coupe-vent, bonnet, gants et sous-gants… nous disparaissons littéralement sous des dizaines de couches enfilées les unes au-dessus des autres !



Un matin, nous nous réveillons à Arcachon devant nous un tableau féérique  avec une surprise de incroyable: tout est absolument blanc ! La plage est entièrement recouverte de neige… Nous retrouvons quelques marcheuses courageuses, venues braver le froid pour nous accompagner pendant la journée.


C’est au moment où nous commençons à marcher que le ciel se dégage, le soleil se dévoile, l’horizon se teinte de bleu... Très vite, les conversations se créent, les liens se tissent…

Une douzaine de kilomètres plus loin, nous arrivons au pied de La Dune (du Pilat), majestueuse, délicate et imposante à la fois. On ne peut qu’avoir le souffle coupé par tant de beauté. Dans la mer, des dégradés de bleu profond et bleu turquoise, sur la dune des échappées de jaune et d’ocre et au loin, le vert impénétrable de la forêt de pins. Lorsqu’on atteint le sommet de la crête, le banc d’Arguin se dévoile entièrement, émergeant de l’eau. « A ne pas manquer », disait notre Guide Vert,  mieux encore : on a le sentiment d’être transporté ailleurs, à l’autre bout du monde, dans les eaux merveilleuses du Pacifique…


Ce sont là, les délicatesses de la France, nous transporter ailleurs tout en restant chez soi, et nous surprendre, encore et encore…



Devant un spectacle si rare et si magique, sans se donner le mot, nous nous taisons pour laisser la nature nous parler directement. 

Source : Laurent Granier et Aurélie Derreumaux   

Tour de France à pied :Du 22 janvier au 3 Février 2012 De Yves à Montalivet 2500 km



Voici bientôt 6 mois que nous sommes partis… 6 mois, 24 semaines, 170 jours exactement et 2500 km. Et franchement, je ne pensais pas faire, un jour, autant de chemin. Avant de me lancer dans cette épopée, je voyais surtout l’aspect romantique et aventurier de ce voyage. Je me doutais qu’on aurait des moments difficiles, des joies, des railleries, des émerveillements, des coups de gueule, des douleurs… mais quelque part, tout cela restait flou tant que nous n’avions pas fait le premier pas.


Avant de partir, j’étais dans l’imagination, dans l’anticipation et la supposition. Car jamais je n’avais entrepris un voyage de cette ampleur, de cette manière. Jamais je n’avais voyagé à pied, ni pendant si longtemps et autant le dire : je ne suis pas une sportive très affirmée. D’un coup, je passais de quelques treks de 15 jours en Amérique du Sud réalisés en 2003 à un tour de France intégral pendant plus d’un an… et ce, sans transition aucune ! 


Pour Laurent, c’était différent. Partir sur ce tour de France, c’était renouer avec ses précédentes expéditions, retrouver le goût de la liberté et de la découverte. C’était pour lui comme un souffle nouveau, une confirmation claire de ce qu’il est, de ce qu’il aime. Et dès le début, il partait avec un avantage certain : il savait pertinemment comment son corps et son esprit allaient réagir. Moi, non. 



Autant être honnête, les premiers jours furent difficiles. Je me disais alors que mon corps allait s’habituer, que bientôt je ne ressentirais plus rien et que la douleur passerait sur moi comme une douce caresse du vent. Au fil des jours et des régions traversées, je découvrais de nouvelles parties de mon corps, certains muscles se mettaient en action alors même que je ne les avais encore jamais sollicités ! Et cette nouvelle expression musculaire ajoutée à la découverte de lieux et de sols que je n’avais encore jamais foulés avait une conséquence directe : me faire ouvrir les yeux. Car ce n’est qu’avec les kilomètres parcourus, avec les crampes qui vous réveillent la nuit et la sensation extraordinairement ensorcelante d’être seul au monde quand vous traversez les endroits les plus sauvages de France et quand le soir, vous pointez sur la carte l’endroit que vous avez atteint… que vous mesurez enfin, un peu, l’épopée colossale dans laquelle vous vous êtes engagé. Mais surtout, vous vous rendez compte que cette épopée, elle est incroyablement magnifique ! Ce sont tous ces visages croisés, ces sourires et ces soirées partagées, qui lorsque vous y repensez, vous font prendre conscience de tout le chemin parcouru. 



Jour après jour, kilomètre après kilomètre, le voyage prend de plus en plus d’ampleur, de plus en plus de sens. Et c’est cette recherche du sens qui vous donne la foi, l’envie de rencontrer, l’envie d’avancer.




Nous voici maintenant sur les plages de Gironde, entre Royan et Arcachon, c’est plat, c’est tout droit, Hendaye, nous tend les bras !

Source : Laurent Granier et Aurélie Derreumaux  

Voyage en mer de Chine Méridionale, sac au dos et en famille


En ce 1er janvier 2012, c’est décidé depuis plusieurs mois, nous repartons en voyage, direction l’Asie du Sud-est : en Thaïlande, au Cambodge et au Laos. Comme à notre habitude, ce sera en famille avec nos deux filles, Ilda bientôt treize ans et Zélie six ans. En valises à roulettes transformables en sacs à dos, nous avons choisi d’explorer cette zone géographique de la planète que nous ne connaissons pas, en utilisant les transports en commun.

            A quelques jours du départ de Paris en avion pour un atterrissage à Bangkok, capitale de la Thaïlande, nous ne savons toujours pas quel sera réellement notre itinéraire ; nous en avons tout au plus une vague idée, principalement liée aux différents visas. A chaque voyage, il en est de même. Il reste fondamental pour nous d’arriver dans un nouveau pays le plus neutres possible, sans à priori, idée préconçue, imaginaire tiré d’un livre… Se laisser porter par le voyage, s’imprégner, prendre le temps d’y vivre une tranche de vie la plus longue possible, rencontrer la population, découvrir, apprendre - tous les jours.

C’est cela pour nous la base, le point de départ d’une nouvelle aventure.

SEMAINE N°1

1.      Il fait nuit lorsque nous atterrissons à Bangkok le 2 janvier 2012. Nous nous faisons conduire en taxi jusqu’à Khao San Road, le quartier des hôtels bon marché, encore noir de monde, très agité et bruyant à cette heure-ci. Nous trouvons enfin une chambre à 23H30… Contents mais épuisés par ces trois jours de voyage depuis que nous avons quitté notre domicile le 31 décembre au matin.


I    Impossible de connaître Bangkok sans emprunter le bateau-bus, pour quelques bahts seulement, afin de naviguer sur le fleuve Chao Phraya. En descendant vers le sud, nous rejoignons les hauts buildings représentatifs, pour moi, de l’imagerie typique de cette ville.



 .      Un autre jour, nous louons un « long-tail boat » (bateau traditionnel en bois au moteur puissant) afin de voir les fameux « khlong ». Tout un réseau de canaux qui malheureusement, ressemblent plutôt à des égouts à ciel ouvert aux abords du fleuve… Mais en s’éloignant du centre, nous retrouvons calme, sérénité et propreté.



4.    Le premier dessin du voyage,  l’immanquable temple du grand palais, le Wat Phra Kaeo . En fait on n’en verra pas plus pour le moment, trop de monde, on se bouscule dans la grande cour d’entrée avec des milliers de touristes du monde entier. Nous optons pour la visite d’un autre temple juste à côté mais beaucoup moins fréquenté.




Semaine N°2

1.      Dimanche 8 janvier, après presque une semaine à Bangkok, nous reprenons la route pour l’île de Ko Chang, plus au sud. Une journée tout entière de trajet : taxi pour se rendre à la gare, 5H de bus jusqu’à Trat, pick-up pour l’embarcadère, 1H de ferry, puis taxi spécial touristes pour rejoindre « Lonely beach » sur la côte ouest. Il est 23H lorsque nous parvenons à trouver une hutte au bord de la mer, pour enfin pouvoir poser nos sacs et sortir nous restaurer. Sur la route, un paysage desséché et plat, parsemé de plantations de canne à sucre, bananiers, ananas et hévéas (l’arbre à caoutchouc). Et partout à l’entrée comme à la sortie des villes, de grands portraits du roi et/ou de la reine et des centaines, des milliers de drapeaux nationaux.



2.      « Lonely beach » n’a plus rien de « lonely ». C’est au contraire un village hypra fréquenté où tout est conçu pour accueillir une foule de touristes occidentaux. Ce serait depuis le tsunami de 2004 qui ravagea le sud du pays (où nous ne voulons aucunement nous rendre) que Ko Chang se développa. Partout des bungalows, des bars, restaurants et échoppes vendant des fringues ou proposant excursions, location de scooters, tatouages, etc. L’afflux touristique de masse tendant – partout sur la planète – à l’uniformisation.



3.      Sur la plage – très belle en effet – nous passons de longues heures à profiter de l’eau chaude et du soleil, pourtant voilé le plus souvent. Or tous les jours, des singes venus de la jungle toute proche (de l’autre côté de la route) s’amusent à importuner les touristes en cherchant quelque chose à manger ou boire un peu d’eau de mer. Et tous les soirs, techno party… comme en d’autres bars/boîtes de la petite « ville » jusque tard dans la nuit.


4.      Ce qu’il y a de bien avec les touristes, c’est qu’ils se concentrent tous au même endroit, dans la même rue. Pour faire ce dessin, il m’a suffi de faire trois mètres cinquante de côté, franchir une petite porte ouverte pour arriver dans la cour d’un temple désert. Là, un resto pour Thaï, une table, une chaise, conditions idéales pour dessiner cette dame qui coud.



Source : S. Chardon et C. Roussell

Tour de France à pied :Du 6 au 21 janvier 2012 De Saint Jean-de-Monts à Yves 2450 km









Depuis quelques jours, nous entrons dans une nouvelle étape de notre Tour de France à pied. Finis les criques et les détours magnifiques mais interminables de Bretagne, nous voici à présent sur les longues plages infinies de Vendée, bordées de pins. Nous sortons notre Guide Vert Michelin et jetons un coup d’œil sur la carte : effectivement, c’est tout droit ! La vue est dégagée, la plage est déserte, nous avançons à grands pas et tout à coup, notre progression sur le sentier est considérable ! Nous découvrons également la difficulté de voyager sur la côte française en plein hiver. Nous traversons des villes complètement abandonnées à cette époque de l’année, maisons fermées, volets baissés. Ce sont essentiellement des villes balnéaires qui ne reprennent vie qu’à l’arrivée du printemps. Alors forcément, en plein mois de janvier, elles ressemblent plutôt à des villes fantômes aux décorations de Noël encore bringuebalantes dans le vent. Les conséquences pour nous : difficultés à nous ravitailler pendant la journée, à trouver un hôtel ou une petite chambre d’hôte le soir, et des journées entières sans croiser personne ou presque.



Puis de nouveau, nouvelle ambiance : celle des marais de la Charente Maritime et l’obligation de passer par les terres pour gagner les ponts. Des heures à longer la petite route bitumée de campagne ou la départementale et c’est souvent dans ces moments-là qu’il se met à bruiner. On a connu plus glorieux comme situation ! ;-) Nous entrons nous reposer dans un petit bar, qui est (nous n’en revenons pas) ouvert. Immédiatement, notre arrivée suscite l’attention des clients et de la patronne.


- J’vous ai vus, un peu plus au nord. Vous traversiez pas Longeville ? nous lance un petit monsieur assis au comptoir.
- Oui, c’est bien nous.
- Mais c’est pas la bonne saison pour faire du tourisme ! C’est en juillet qu’il faut venir !
- On sait bien, mais on fait tout le tour de la France et on est partis au nord de Dunkerque en Août. Alors on ne pouvait pas être ici en juillet…
- Vous faites tout le tour de la France? reprend la patronne. A pied ? Cà fera combien de km ?
- 8000, on a prévu un an.
- Incroyable, un an de marche !


Et la conversation s’enclenche ainsi sur notre périple et les marais que nous traversons. Tout le monde s’agite pour nous aider, la patronne sort une carte détaillée de la région pour voir s’il n’existe pas un autre chemin pour nous. L’ambiance est légère, amicale… de quoi requinquer nos batteries pour repartir sur la route et traverser les marais sereinement grâce à nos experts !




Tour de France à pied :25 Décembre 2011 au 1er janvier 2012 De Muzillac à Saint Brévin-les-Pins 2167 km


Le 31 Décembre, nous passons la Loire par le Pont de Saint Nazaire. Traverser un pont pour passer de 2011 à 2012, c’est un joli symbole. Changer de rive, de lieu, d’environnement… et changer d’année. Poser un pied dans un nouvel endroit, le découvrir, rencontrer et aller de l’avant. Voilà, c’est ainsi que nous resentons notre dernière journée de 2011 et que nous entrons dans 2012, nos chaussures portées par la poésie… mais dans ce que nous vivons au jour le jour pendant ce tour de France avec nos sacs sur le dos, la réalité peut parfois sembler un peu moins mélodieuse…

Retour en arrière, Samedi 31 Décembre 2011.
Nous passons la Baule, ses grandes avenues, ses splendides décorations de Noël et la foule qui se presse partout dans les magasins. On se sent dépassés par tant de lumières, tant de voitures, tant de monde et de propositions de parfums, chocolats, bijoux et autres téléphones portables… le tout, concentré dans une unique rue. Depuis près de 5 mois maintenant nous parcourons la côte française, longeons des chemins sauvages,  traversons des villages oubliés où nous ne croisons personne. Alors tout à coup, on se sent projetés dans un autre univers.

En milieu d’après-midi, nous arrivons à Saint Nazaire sous un ciel gris et menaçant. Voici quelques heures déjà que nous avançons dans des rues tout aussi grises et le temps ne semble pas devenir plus clément pour nous accompagner dans nos dernières foulées de 2011. Devant nous, la Loire : malheureusement, nous n’avons pas pu trouver de passeur. En ce 31 Décembre, tout le monde est bien occupé et de toute façon, la météo annonce une mer particulièrement houleuse et des rafales de vent à plus de 100 km/h alors forcément, personne ne sort en bateau ! Nous devons nous résoudre à gagner le pont de Saint Nazaire. A priori, il est accessible aux piétons mais nous avons eu deux sons de cloche différents, rien n’est sûr. Après discussion, hésitations et autres tergiversations, nous prenon notre décision : tentons le coup !


Pendant plus d’une heure, nous marchons à travers la zone industrielle portuaire de Saint Nazaire, longeant d’énormes blockhaus où sont construits des sous-marins et d’immenses cargos. Nous nous retrouvons vite dans un « no man’s land », au milieu d’entrepôts désaffectés, abandonnés. Difficile d’imaginer qu’il y a quelques années, cette zone regorgeait d’activité…
Enfin, le pont nous apparaît, dans la brume et le ciel humide. Il se remet à pleuvoir, la lumière baisse, il va faire nuit dans peu de temps. Vite, pressons le pas…



Arrivés à l’entrée du pont, nous stoppons net. Le pont de Saint Nazaire est en fait une deux fois deux voies où les voitures passent en trombe sur la chaussée mouillée ! Il y a bien un passage pour piétons mais il est très étroit, juste la place de passer en file indienne On se regarde… On hésite, on recule… Est-ce vraiment une si bonne idée ? De toute façon, c’est difficile de faire demi-tour, il faut retraverser toute la zone. Allez, on se lance. Les voitures nous frôlent à 80 km/h, la pluie nous fouette le visage, la visibilité est réduite… et le vent souffle tellement fort qu’on s’accroche à la rembarde pour ne pas être déportés. Pendant 6 km, on avance, tête baissée, en faisant abstraction de tout… la pluie, le vent, les voitures, le froid. On se crée une bulle, un monde à soi, on fait le vide et on avance. Chaque mètre est un mètre gagné, chaque pas nous rapproche de l’autre rive. Au milieu du pont, pluie et vent se calment quelques instants, comme pour nous laisser le temps d’admirer les éclairages de la ville la nuit. Une fois parvenus de l’autre côté du pont, sonnés, trempés, Laurent et moi ne pouvons nous retenir de tomber dans les bras l’un de l’autre… Le pont est franchi et nous entrons, ensemble, à bras ouverts dans 2012 !

Nous vous souhaitons une excellente année 2012, pleine de voyages et de rencontres !! 

Source : Laurent Granier et Aurélie Derreumaux  

Tour de France à pied : 2167 km de De Muzillac à Saint Brévin-les-Pins, du 25 Décembre 2011 au 1er janvier 2012



Le 31 Décembre, nous passons la Loire par le Pont de Saint Nazaire. Traverser un pont pour passer de 2011 à 2012, c’est un joli symbole. Changer de rive, de lieu, d’environnement… et changer d’année. Poser un pied dans un nouvel endroit, le découvrir, rencontrer et aller de l’avant. Voilà, c’est ainsi que nous resentons notre dernière journée de 2011 et que nous entrons dans 2012, nos chaussures portées par la poésie… mais dans ce que nous vivons au jour le jour pendant ce tour de France avec nos sacs sur le dos, la réalité peut parfois sembler un peu moins mélodieuse…




















 Retour en arrière, Samedi 31 Décembre 2011.
Nous passons la Baule, ses grandes avenues, ses splendides décorations de Noël et la foule qui se presse partout dans les magasins. On se sent dépassés par tant de lumières, tant de voitures, tant de monde et de propositions de parfums, chocolats, bijoux et autres téléphones portables… le tout, concentré dans une unique rue. Depuis près de 5 mois maintenant nous parcourons la côte française, longeons des chemins sauvages,  traversons des villages oubliés où nous ne croisons personne. Alors tout à coup, on se sent projetés dans un autre univers.

En milieu d’après-midi, nous arrivons à Saint Nazaire sous un ciel gris et menaçant. Voici quelques heures déjà que nous avançons dans des rues tout aussi grises et le temps ne semble pas devenir plus clément pour nous accompagner dans nos dernières foulées de 2011. Devant nous, la Loire : malheureusement, nous n’avons pas pu trouver de passeur. En ce 31 Décembre, tout le monde est bien occupé et de toute façon, la météo annonce une mer particulièrement houleuse et des rafales de vent à plus de 100 km/h alors forcément, personne ne sort en bateau ! Nous devons nous résoudre à gagner le pont de Saint Nazaire. A priori, il est accessible aux piétons mais nous avons eu deux sons de cloche différents, rien n’est sûr. Après discussion, hésitations et autres tergiversations, nous prenon notre décision : tentons le coup !



Pendant plus d’une heure, nous marchons à travers la zone industrielle portuaire de Saint Nazaire, longeant d’énormes blockhaus où sont construits des sous-marins et d’immenses cargos. Nous nous retrouvons vite dans un « no man’s land », au milieu d’entrepôts désaffectés, abandonnés. Difficile d’imaginer qu’il y a quelques années, cette zone regorgeait d’activité…


Enfin, le pont nous apparaît, dans la brume et le ciel humide. Il se remet à pleuvoir, la lumière baisse, il va faire nuit dans peu de temps. Vite, pressons le pas…


Arrivés à l’entrée du pont, nous stoppons net. Le pont de Saint Nazaire est en fait une deux fois deux voies où les voitures passent en trombe sur la chaussée mouillée ! Il y a bien un passage pour piétons mais il est très étroit, juste la place de passer en file indienne On se regarde… On hésite, on recule… Est-ce vraiment une si bonne idée ? De toute façon, c’est difficile de faire demi-tour, il faut retraverser toute la zone. Allez, on se lance. Les voitures nous frôlent à 80 km/h, la pluie nous fouette le visage, la visibilité est réduite… et le vent souffle tellement fort qu’on s’accroche à la rembarde pour ne pas être déportés. Pendant 6 km, on avance, tête baissée, en faisant abstraction de tout… la pluie, le vent, les voitures, le froid. On se crée une bulle, un monde à soi, on fait le vide et on avance. Chaque mètre est un mètre gagné, chaque pas nous rapproche de l’autre rive. Au milieu du pont, pluie et vent se calment quelques instants, comme pour nous laisser le temps d’admirer les éclairages de la ville la nuit. Une fois parvenus de l’autre côté du pont, sonnés, trempés, Laurent et moi ne pouvons nous retenir de tomber dans les bras l’un de l’autre… Le pont est franchi et nous entrons, ensemble, à bras ouverts dans 2012 ! 



 Nous vous souhaitons une excellente année 2012, pleine de voyages et de rencontres !! 

Source : Laurent Granier et Aurélie Derreumaux